CHU de Rouen – Cardiologie en grève

Le syndicat SUD Santé Sociaux a déposé un préavis de grève : les soignant·e·s de cardiologie du CHU de Rouen seront de nouveau en grève mercredi 16 septembre.

Trois ans après le dernier mouvement, la situation s’est aggravée. De nombreux départs et arrêts de travail résultant d’un management délétère nous empêchent d’exercer correctement nos missions de soins.

Depuis plusieurs mois, les plannings sont édités avec de nombreuses cases vides qui sont comblées parfois au dernier moment. Cette situation entraîne une répercussion psychologique : nous ne sommes jamais serein·e·s quant à l’organisation de notre vie de famille, en raison des nombreux changements de planning. De plus, cela crée un cadre de travail complexe, avec une unité reposant parfois sur le pôle de remplacement ou sur l’intérim.

Nous avons travaillé certains jours en effectifs réduits, en dessous du cadre légal de sécurité (deux soignant·e·s au lieu de trois). Suite à diverses alertes et à notre épuisement, 4 lits de soins intensifs ont dû être fermés début septembre par manque de soignant·e·s. Certain·e·s collègues travaillent à temps partiel imposé. Nous demandons qu’ils/elles passent à temps plein immédiatement, plutôt que d’avoir recours chaque semaine à des intérimaires qui, parfois, n’ont aucune compétence en cardiologie.

Nous sommes constamment rappelé·e·s lors de nos repos ou de nos vacances. Nous avons parfois travaillé jusqu’à trois week-ends consécutifs pendant la période estivale. Nous sommes obligé·e·s de travailler le week-end de départ ou de retour lors de nos vacances d’été. On nous refuse parfois un congé demandé 3 mois à l’avance. Nous remplaçons sans arrêt les manques de personnel de nuit. Il devient trop difficile de concilier vie personnelle et vie professionnelle.

Lorsque nous disons que la charge de travail est trop importante, on nous répond que nous sommes mal organisé·e·s, quand on ne minimise pas notre travail. Pourtant, le vieillissement de la population a entraîné une augmentation importante des soins.

Nous nous sentons en insécurité, pour nous mais aussi pour les patients que nous soignons, vu le manque d’expérience des collègues qui sont avec nous certains jours.

Nous demandons le versement de la prime de soins critiques aux aides-soignant·e·s qui exercent à l’unité de surveillance continue. Elle leur est refusée alors qu’elle est versée aux infirmier·e·s avec qui ils/elles travaillent en binôme, côte à côte. Ils/elles ont le sentiment d’être abandonné·e·s par une partie de l’encadrement.

Nous avons vu trop de collègues quitter le service ou le CHU ces derniers mois. Nous savons que d’autres suivront, et nous nous demandons si nous serons le/la prochain·e. Plusieurs cadres de santé sont aussi partis, mais la personne qui organise ce management délétère est toujours en place.

Nous demandons du personnel formé, une reconnaissance de notre investissement et un management à nos côtés, et non contre nous.

Maintenant, la direction doit prendre ses responsabilités.

Communiqué de Presse : cardio_communique

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