Encore un tract… sur la maltraitance managériale ?!?

Dans de nombreux hôpitaux publics en France, les conditions de travail et les pratiques managériales suscitent une inquiétude grandissante parmi les agents. Pressions hiérarchiques, précarité entretenue, décisions opaques : pour beaucoup, ces réalités participent à l’installation d’un climat de peur et de défiance.

Des situations remontées par le terrain font état de parcours professionnels brutalement remis en cause. Des agents pourtant reconnus pour leur investissement, leur sérieux et leur intégration peuvent, du jour au lendemain, voir leur avenir basculer. À l’approche d’une titularisation, certains se retrouvent confrontés à des évaluations soudainement négatives, en contradiction avec leur suivi antérieur. Les motifs avancés apparaissent parfois flous, insuffisamment étayés, et les agents concernés ne bénéficient pas toujours d’un véritable échange contradictoire. Ces décisions peuvent conduire à des refus de titularisation, voire à des licenciements rapides.

Les conséquences humaines sont lourdes : perte d’emploi, chute brutale des revenus, isolement, perte de confiance. Derrière ces situations, ce sont des parcours de vie entiers qui se retrouvent fragilisés.

Au sein des services, de nombreux témoignages décrivent des ambiances de travail dégradées. Rivalités internes, tensions entre collègues manipulées ou organisées par la hiérarchie, sentiment d’insécurité professionnelle : certains agents évoquent un fonctionnement où la parole collective peut se retourner contre un individu, sans possibilité réelle de se défendre. Dans ce contexte, il devient difficile de faire entendre une voix dissonante ou de signaler des dysfonctionnements.

Lorsque des agents tentent d’alerter sur des pratiques managériales ou des conditions de travail préoccupantes, ils se heurtent parfois à un manque d’écoute, voire à des réactions dissuasives. Cette difficulté à faire remonter les problèmes contribue à un sentiment d’impasse et à une perte de confiance dans les instances internes.

Notre organisation syndicale constate que ces situations ne sont pas isolées. Elle pointe des schémas récurrents : changements d’encadrement suivis de dégradations des conditions de travail, procédures disciplinaires contestées, décisions prises sur la base d’éléments jugés incomplets ou insuffisamment vérifiés.

La précarité contractuelle constitue un facteur aggravant majeur. Le recours prolongé aux contrats à durée déterminée maintient de nombreux agents dans une situation d’instabilité. Cette fragilité peut dissuader de s’exprimer ou de contester, et favoriser des logiques de pression ou d’alignement.

Dans certains cas, des dispositifs censés accompagner les agents, notamment en cas d’inaptitude, sont détournés de leur objectif initial. Des personnels peuvent être repositionnés sur des postes pour lesquels ils ne sont ni formés ni préparés, les plaçant en difficulté et fragilisant leur maintien dans l’emploi.

Plus largement, les remontées de terrain font état d’un sentiment de déshumanisation du travail. Les agents ont le sentiment d’être réduits à des variables d’ajustement, affectés selon les besoins immédiats, parfois sans formation suffisante ni reconnaissance de leurs compétences.

Ces constats s’inscrivent dans un contexte déjà marqué par des tensions fortes à l’hôpital public : manque d’effectifs, surcharge de travail, organisation des services sous pression. Plusieurs rapports et décisions de justice ont d’ailleurs mis en lumière, ces dernières années, des dérives dans la gestion des ressources humaines dans certains établissements. Par exemple, le CHU de Rouen a été condamné à verser plus de 5000 euros à un agent en long arrêt maladie dont le CDD n’avaient pas été renouvelé.

Face à cela, les directions mettent en avant le respect des procédures et des indicateurs internes qu’elles jugent rassurants. Mais pour de nombreux agents, ces discours ne reflètent pas la réalité vécue au quotidien.

Un article récent du Poulpe met donc un coup de projecteur sur le CHU de Rouen, sur les dérives maltraitantes du management de cet établissement voisin. Ces agissements sont monnaie courante dans nos hôpitaux, et le GHH n’est pas en reste. Rappelons nous que la DRH du CHU a exercé ses fonctions chez nous il y a peu, entourée d’une hiérarchie zélée, et qu’elle a laissé un très amer souvenir à nombre d’entre nous.

Aujourd’hui, le malaise est profond. De plus en plus de professionnels, y compris parmi les plus jeunes, expriment leur épuisement et leur désillusion. Certains quittent l’hôpital, d’autres restent faute d’alternative, au prix d’une pression constante.

Nous refusons que ces pratiques deviennent la norme.
Nous refusons que la précarité serve d’outil de gestion.
Nous refusons que les agents soient privés de leurs droits et de leur dignité.

Pour SUD, les procédures et les droits des agents doivent être respectés, les évaluations doivent être transparentes, et nous demandons un véritable accompagnement des personnes en difficulté. Et surtout des conditions de travail dignes et sécurisées. N’hésitez pas à nous contacter !

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